Pinus sylvestris

Cette chronique est dédiée à la biodiversité de la commune où je réside, Saint-Myon en Limagne auvergnate. Vous pouvez retrouver toutes les chroniques sur la nature à Saint-Myon en cliquant ici

Automne 2019. On ne peut plus passer, même en voiture, sans les remarquer : plus de la moitié des pins sylvestres qui occupent le bord du mur de Val Rose dans la montée de la route de Combronde sont morts sur pied depuis cet été. Que s’est-il passé ?

Jeunes aiguilles de pin sylvestre

En fait, ce dépérissement qui touche cette essence précise, le pin sylvestre, se retrouve à grande échelle sur toute la région Auvergne ; le processus avait déjà pris de l’ampleur dès 2017 comme le signale un bilan officiel de la santé des forêts de la région. Ainsi, par exemple, dans la vallée de la Sioule, on observe çà et là des peuplements en sites rocheux très affectés aussi. On impute cette mortalité aux attaques d’un champignon parasite : le sphaeropsis des pins qui provoque le dessèchement des pousses de l’année. La pénétration se fait à l’occasion d’épisodes humides et chauds, par les jeunes aiguilles. Le développement du champignon est très rapide et entraîne le dessèchement de la pousse même si l’arbre est en bonne santé. C’est une maladie émergente en France depuis 25 ans qui rend les pins plus sensibles à la sécheresse estivale. L’épisode caniculaire et très sec de 2019 a donc du achever ces pins déjà malades mais encore capables de survivre un certain temps avec le houppier endommagé. 

Aspect « normal » de pins sylvestres en pleine santé !

Cette allée de « cadavres » nous renvoie donc en pleine figure les effets collatéraux de la crise climatique qui nous affecte : elle exacerbe des maladies qui, autrement, resteraient localisées et supportables par les arbres ! 

G Guillot. Zoom-nature. 

Bibliographie

Actualité sylvo-sanitaire n°82 Mars 2018. BILAN DE LA SANTÉ DES FORÊTS – 2017 – Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes